Shutter Island

En 1954, le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule sont envoyés enquêter sur l’île de Shutter Island, dans un hôpital psychiatrique où sont internés de dangereux criminels. L’une des patientes, Rachel Solando, a inexplicablement disparu. Comment la meurtrière a-t-elle pu sortir d’une cellule fermée à clé de l’extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Œuvre incohérente d’une malade, ou cryptogramme ?

Alors qu’une forte tempête s’abat sur l’île isolée, les deux policiers, cernés par des psychiatres inquisiteurs et de redoutables psychopathes, s’enfoncent dans un monde aussi mystérieux qu’angoissant où se mêlent conspirations, manipulation mentale, et peut-être même une part de surnaturel. À la recherche d’indices au cœur de ces lieux hantés par ce que l’âme humaine peut engendrer de pire, Teddy commence à comprendre que pour avoir une chance d’approcher la vérité, il devra affronter ses propres terreurs, les plus profondes et les plus dévastatrices. Au risque de ne jamais quitter l’île vivant…

Adaptation cinématographique du roman de Dennis Lehane, Shutter Island est un thriller prenant à l’atmosphère oppressante. Le scénario se déroule entre folie, vérité et illusions dans un univers ou toutes les frontières sont brouillées. Véritable succès lors de sa parution, ce roman a immédiatement conquis Bradley J. Fischer qui acheta les droits de l’ouvrage dans l’intention de le porter à l’écran. Pour se faire, il confia la réalisation à Martin Scorsese qui eu un véritable coup de cœur à la lecture du script. Fort d’une collaboration fructueuse et durable sur Gangs of New York, Aviator et notamment sur Les Infiltrés qui se distingua en remportant l’oscar du meilleur film en 2006, le rôle du marshal Teddy Daniels semblait inéluctablement destiné à être interprété par Leonardo DiCaprio dont le réalisateur italien est un fervent admirateur.

Couverture et affiche de Shutter Island

Avec autant de promesses et d’interrogations, Tendance Geek a fait le déplacement à l’avant première et vous livre sans plus attendre ses impressions:

Si Shutter Island apparaît de prime abord être une histoire policière intéressante comme il peut en exister d’autres, cette dernière s’avère bien plus complexe et surprenante. Plus l’enquête avance et plus les rebondissements vous déroutent et vous attirent, plus la complexité se dévoile et vous surprend. Cette enquête s’éloigne progressivement des motivations ayant entrainé l’arrivé de nos deux marshals et l’on embarque dans une aventure purement psychologique flirtant aux portes de la folie pure. C’est au moment ou l’on pense enfin saisir la véritable portée du scénario que celui-ci bascule dans une direction à laquelle vous ne pouviez vous attendre. Tout n’est qu’illusion, que peut-on croire et qui peut-on croire lorsque tout semble se dérober, lorsque toutes vos certitudes se transforment inévitablement en interrogations. Oubliez vos convictions, celles-ci ne vous seront d’aucune utilité et affrontez vos troubles les plus profonds afin de faire face à une réalité qu’il est souvent bien plus facile de masquer et de réinventer que d’affronter. Teddy Daniels s’avère être un personnage bien plus torturé qu’il n’y paraît et dont le passé a profondément marqué l’âme. C’est autour de son expérience perturbante que le suspens et l’angoisse de Shutter Island se construisent. Plusieurs flashbacks interviennent afin de vous faire découvrir les traumatismes qui le hantent et qu’il s’est en partie construit pour fuir une effroyable vérité. Toutefois, cette fiction laisse apparaître en permanence une certaine réflexion sur les réelles intentions psychiatriques du centre. Il se pourrait que tout ne soit pas si éloigné de ce que vous pouviez au préalable croire et que l’enquête thérapeutique ait dépassé les limites du simple traitement curatif. Allez outre vos aprioris et vos premières impressions. Prenez un recul permanent sur ce que vous visionnez, il se pourrait que vous ne puissiez vous fier à personne, surtout à Teddy Daniels.

Scènes issues du film

A l’image d’un Howard Hughes dans Aviator, Leonardo DiCaprio donne toute sa splendeur au rôle de Teddy Daniels en incarnant un personnalité pleine de charme et de complexité. Il nous livre une nouvelle fois une prestation de grande qualité dans laquelle il se sera énormément investit. Le personnage de Mark Ruffalo (Chuck Aule, coéquipier de Teddy Daniels) tient également une place prépondérante dans le déroulement du film et en particulier dans l’histoire de Teddy Daniels en le poussant face à ses propres démons tout en le protégeant. Enfin, Ben Kingsley donne un certain charisme au rôle du docteur Cawley qui montrera dès le départ avec l’ensemble de son administration des signes de réticences à la venue de nos deux enquêteurs.

Shutter Island révèle un scénario d’une extrême richesse qui vous dévoilera les véritables raisons de la venue de Teddy Daniels. Du piège se refermant sur lui jusqu’à sa prise de conscience (temporaire?), il n’est pas aisé de tout suivre tant les détails subtils s’enchaînent les uns à la suite des autres. Le moindre décrochage pourra vite vous faire perdre le bout du fil. Cependant, Martin Scorsese arrive parfaitement à reproduire à l’écran les différents changements de situations et vous plonge au plus profond de l’univers psychiatrique. Le spectateur est volontairement perdu et ne sait à quoi se rattacher pour se forger une conviction. Quoiqu’il en soit, Shutter Island vous donnera forcément l’envie de vous y attarder une nouvelle fois, en connaissance de cause, afin d’y apporter un regard et une appréciation différente. Il paraît difficile de vous en dire plus sans vous révéler toutes les subtilités du scénario. Pour ceux qui auraient préalablement lu le livre, je pense que l’adaptation cinématographique réussit avec brio à le retranscrire sans en détourner l’esprit. Quant aux autres, je ne peux que vous inviter à vous déplacer au cinéma afin de résoudre le mystère.

Remerciements

Les plus

  • Le duo Scorsese - DiCaprio
  • Un scénario riche et surprenant
  • Les sujets traités (psychologie, psychiatrie...)
  • Qualité des personnages secondaires
  • Un second visionnage s'impose

Les moins

  • Un scénario complexe et long
  • Utilité de certains flashback?

La note de la rédac´

17/20

La note des lecteurs

18,00/20

1/202/203/204/205/206/207/208/209/2010/2011/2012/2013/2014/2015/2016/2017/2018/2019/2020/20
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4 Réponses
Shutter Island
Pierrick
Nilav
24/02/2010
15 h 21 min  
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Clairement le film du mois de février. Que se soit les journaleux ou les spectateurs, tout le monde semble apprécier.


Nanto de Bison
24/02/2010
20 h 59 min  
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Par contre les journalistes disent souvent que Scorsese est fini en tant que réalisateur, mais perso j’ai bien aimé touts ses derniers films et celui la à l’air vraiment bien.

Tristan Haye
Parker32
27/02/2010
13 h 29 min  
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j’ai entendu qu’il s’eloignait de plus en plus du théme de la folie qu’il abordait dans taxi driver etc…perso j’ai pas aimé et nanto ne me contredira pas « les infiltrés ». Une aberration cinematographique ou comment tuer un film culte  » infernal affairs ».


Nanto de Bison
27/02/2010
13 h 55 min  
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Je te contredit pas sur le fait que tu n’ai pas aimé, mais sur le fait que (pour moi) ce n’est pas une aberration qui tue un film culte…c’est plutôt une adaptation d’Infernal Affairs dans son univers à lui (d’ailleurs faut déjà s’estimer heureux que quitte à ce qu’il y ait remake, ce soit Scorsese qui s’y colle et pas n’importe quel incapable d’Hollywood). Ce qui me dérange avec ce remake c’est plus les journalistes qui ont à peine voir pas du tout cité les chefs d’oeuvres qui composent la trilogie Infernal Affairs comme si sa ne valait pas le coup quand c’est pas Scorsese.
Sinon perso (je me répête) j’aime bien Scorsese, ce qu’il fait maintenant ET ce qu’il a fait avant, j’irai voir Shutter Island, et je suis content qu’au final tout ses films ne soient pas des clones de Taxi Driver, même si certains sont plus faibles que d’autres ou plus commerciaux. Sa concerne surement la dose de réalisateurs (Hollywoodiens ou pas) ce problème de casser avec les origines et de faire du gros budget ou pas, alors pourquoi viser Scorsese en particulier…

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